Reconstructing yourself in a changing urban environment

30 October 2007

Une oasis qui donne soif

Connaissez-vous l'agence de promotion immobilière [fictive] nommée Riviera Real Estate basée à New York? Le dernier développement de Riviera Real Estate perché sur les rives de Brooklyn face à Manhattan est une parodie acide des projets actuels new yorkais et de la transformation urbaine et sociale des quartiers de Williamsburg. Le site web de ce projet débute par une vidéo animée sur fond de musique moitié mièvre moitié intrigante. Un titre fort Platinum Empire Cove s’affiche avec pour sous titre « A seven star luxury retreat on the edge of New York ». Les images se succèdent accompagnées d’arguments 'flash' : on y vend la proximité de New York par l’exclusivité et la luxure, on y affiche les futurs clients (Jet set jeune soit disant branchée) parce qu’ils seront les plus beaux et les plus avertis, on y construit une image vous êtes dans une oasis privilégiée. La vidéo s’achève d’ailleurs sur cette image poétique avec réalisme »: « A relaxing oasis where like-minded people can mingle without judgment ». Mais Platinum Empire Cove ne s’arrête pas là. Dans le menu de gauche du site web le choix ne manque pas. La parodie culmine alors au ridicule quand vous abordez les dernières rubriques amalgamant l’accessibilité d’un site et les aventures d’un James Bond ou encore le fameux credo du « back to the community » et la façade arrière du bâtiment en offrant coté Brooklyn une façade couverte de publicité bien colorée.

20 October 2007

"la ciudad es de todos": participation citoyenne pour la mobilité








300 voitures par jour de plus à Guadalajara – avec ce chiffre en tête il est facile d’imaginer quel peut être le futur de la ville: congestionné et pollué. Malgré les efforts de construire de nouvelles infrastructures, l’Etat de Jalisco oublie que ces travaux se situent en ville. Il s’ensuit de nombreux problèmes de circulation, de mobilité, et de conflits entre voitures et piétons. Un mouvement spontané est né il y a quelques semaines contre l’aménagement de l’avenue Lopez Mateos, un axe majeur de Guadalajara. L’Etat de Jalisco transforme cette voie en une autoroute urbaine divisant la ville. De nombreux habitants se sont depuis joints au débat, en l’élargissant aux questions de mobilité de la zone métropolitaine.

Une demande auprès du gouverneur de l’Etat de Jalisco a été faite ce week-end dont voici les extraits [en espagnol] :

“No hacerlo sería atentar contra la viabilidad de esta metrópoli. En aras de avanzar en este objetivo común, demandamos:

  1. La suspensión total e inmediata del ejercicio y del proyecto de “viaducto” en la Avenida López Mateos, así como que su gobierno se comprometa a que éste sea evaluado dentro del análisis del Plan Integral de Movilidad por un panel neutral de especialistas en la materia.
  1. Que el Plan Integral de Movilidad sea presentado públicamente a la ciudadanía; que mediante ejercicios de participación se discuta y en su caso se mejore, y que su gobierno se comprometa públicamente a su ejecución.
  1. Que su gobierno asuma el papel que le corresponde en la promoción de la participación ciudadana en las cuestiones de movilidad urbana, a fin de lograr la sustentabilidad, la inclusión, y una mejor calidad de vida para todos. Tal es el caso del respeto a los reglamentos, a los más vulnerables en la vía pública, y a los beneficios de contar con un transporte público eficiente, integrado e incluyente, así como del uso más racional del automóvil particular”.

Le motif de cette manifestation nous rappelle des informations que nous avions déjà évoquées dans notre ancien blog sur Guadalajara.

Voir l'article publié dans le journal El Informador. cliquer ici

08 October 2007

Tlatelolco-Nonoalco: rénovation mexicaine.














L'opération de Tlatelolco-Nonoalco construite au début des années soixante par l'architecte Mario Pani
à proximité du centre historique de Mexico City est surtout connu pour sa fameuse place: La Plaza de las Tres Culturas (place des trois cultures). Cette place s’organise autour de trois éléments historiques: les fouilles archéologiques du temple de Tlatelolco, une église baroque de l’époque coloniale, et les barres de logements sociaux dessinées par Mario Pani [photo 1]. Cette image largement diffusée représente par raccourcis l’histoire nationale mexicaine en trois temps.

L’état actuel de cette opération de logements sociaux est comme dans de nombreux grands ensembles: délabré et peu contrôlé. Le site gigantesque de Tlatelolco forme un méga îlot rectangulaire traversé par l’extension de Reforma à l’Est et s’étend jusqu’à l’axe de l’avenue Insurgentes. A cet endroit, une tour de forme triangulaire culmine de ses 27 étages [voir photo 2]. A l’origine utilisée pour des activités de services, elle est aujourd’hui inutilisée.


04 October 2007

Looking at work in Boston.


Les « mondes » et les formes de travail, les pratiques professionnelles, constituent l’objet d’étude du prochain congrès de l’Association Américaine de Sociologie (ASA) à Boston. Il serait intéressant de savoir si les professions impliquées dans les processus urbains autant que l’impact de phénomènes urbains sur les pratiques professionnelles seront des sujets présents lors de ce congrès. Le centre de recherche, le MIT Workplace Center sera actif dans l'organisation de cet événement.

Extrait du 2008 ASA Congress Statement:

" The 2008 ASA program will focus on the interconnections between work—broadly conceived—and society. Work is one of the most basic of social activities and institutions and has far-reaching correlates and consequences. The title—Worlds of Work—points to two main sub-themes. First, it underscores the increasing diversity by which work is organized and experienced in societies. Work activities can: take place formally in organizations or informally between individuals; be labeled as illegal or legal; be unpaid, well-paid, or poorly paid; and involve considerable security for some or be unstable for others. People may also regard their work activities as more or less important to them at various stages of their lives. Second, the program title emphasizes the cross-national and historical diversity in work activities, work-related institutions, and the experience of work. Outsourcing of production, global human rights, immigration, and cultural differences all provide fertile ground for a comparative understanding of the many varieties of work."

03 October 2007

Faire 'du logement.'

Rechercher sur l’habitat au travers de l’expérience de l’enseignement du projet n’est pas chose facile. Sans avoir la prétention d’effectuer un travail de recherche, il a été intéressant de revenir sur la représentation des espaces et de poser la question aux étudiants de savoir quel était leur rôle en tant que professionnel, en l’occurrence architecte, dans le dessin d’un édifice de logements. Ce court exercice s’est achevé la semaine dernière à l’ ITESM, laissant en suspens de multiples questions.

Une présentation à un groupe d’étudiants en architecture venus du Boston Architectural College a permis de clarifier ces questions, ces doutes, ou les certitudes que nous avions.

17 September 2007

Bio climatique


J’ai reçu la visite de Viviana Comito à Guadalajara, architecte italienne basée à Paris. Diplômée de la Sapienza à Rome, elle s’est ensuite spécialisée en architecture bio climatique. Elle s’intéresse au paysage et aux plantes en rapport aux espaces habités, en particulier les espaces ouverts : publics ou privés. Au Mexique - alors qu’elle devait effectuer un simple voyage - elle a été amenée à participer à un projet urbain dans la ville d’Aguascalientes avec un ancien collègue rencontré lors de son master en architecture bio climatique à Madrid. Elle a finalement présenté son approche de l’architecture bio climatique à la municipalité. L’image ci-jointe correspond à un projet de concours d'un aménagement de parking à Naples récemment réalisé avec l’agence AWP avec qui elle collabore régulièrement. Pour ce concours AWP a été consulté pour son expertise de paysagisme par l'agence d'architecture Richard Rogers Partnerships. [voir les images et détails du projet sur le site de AWP]


15 September 2007

Patrimonialiser le logement social?

La rénovation d'une cité de Pantin bloquée au nom du patrimoine
LE MONDE 15.09.07 13h44

Quelle mue pour le Serpentin ? Cette cité dite sensible du quartier des Courtillières, à Pantin Seine-Saint-Denis), fait l'objet d'un lourd projet de rénovation. Un plan de 200 millions d'euros, en partie financé par l' Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU), aujourd'hui bloqué par une demande de classement des bâtiments au titre des monuments historiques et un rapport commandé par les ministres du logement et de la culture, aux conclusions très critiques. "Ces gens vivent sur une autre planète. Des familles entières attendent le renouveau, et on interrompt après cinq ans d'études une opération que tous les services de l'Etat ont approuvée", s'agace le maire (PS) de Pantin, Bertrand Kern.
Alors que le chantier devait démarrer en janvier, la rénovation intérieure des 635 logements vient de commencer, début septembre. Et la restructuration plus lourde du quartier est toujours en attente d'un arbitrage. Une réunion interministérielle a tenté d'esquisser une solution de compromis, mercredi 12 septembre. Sans résultat pour l'instant.
Comment une cité dégradée et à l'urbanisme problématique peut-elle constituer un patrimoine intouchable ? Le Serpentin ondule sur 1,5 kilomètre de long pour former une boucle presque fermée. C'est une barre molle de cinq étages, autour d'un parc vallonné de 4 hectares. On y reconnaît la signature d' Emile Aillaud (1902-1988), figure de l'architecture moderne et auteur de grands ensembles qui cherchent à s'affranchir des formes droites des barres et des tours.
Construit à l'économie dans les années 1960, le Serpentin a mal vieilli. Les appartements sont trop petits, les façades sont décrépies, l'isolation fait défaut. Les halls traversants et les entrées de cave ont été bouchés pour décourager les trafics qui prospèrent dans cette cité close. "Les Courtillières, c'est 6 000 habitants et 100 % de logements sociaux. Le Serpentin, c'est le bas de l'échelle", décrit M. Kern.
Elue en 2001, l'équipe municipale socialiste entreprend de rénover le quartier, où le Serpentin côtoie une vingtaine de tours en tripode et des barres plus classiques. Au menu : un nouveau centre-ville avec des commerces, un pôle de santé, un équipement culturel ; des démolitions, des constructions, et l'ambition de "tomber" à 80 % de logements sociaux.
"Dans ce plan, le Serpentin forme un barrage urbain au milieu des Courtillières, qui empêche de circuler entre les quartiers et de rejoindre le nouveau centre", estime M. Kern. Une contrainte lourde, alors que le quartier est déjà coincé entre le fort d'Aubervilliers et le cimetière de Pantin-Bobigny. Un nouveau tracé urbain est confié à l'urbaniste Djamel Klouche. Et les architectes retenus pour rénover le Serpentin, Dominique Renaud et Philippe Vignaud, de l'agence RVA, prévoient, pour désenclaver la cité, d'ouvrir une large traversée dans la forteresse en démolissant deux boucles du ruban au sud et sept blocs au nord. Des brèches de 38 mètres et de 114 mètres, 15 % de démolition au total.
Le parc rénové devient un jardin public pour l'ensemble du quartier. Les appartements sont agrandis. L'enduit peint de couleurs pâles est remplacé par des panneaux de terre cuite rouges, faciles à changer. L'ensemble s'accompagne d'un ambitieux volet environnemental visant à réduire de 15 % les charges de copropriété grâce à des économies d'énergie.
Ces changements ulcèrent Gérard Monnier, professeur d'histoire de l'architecture à la Sorbonne et fondateur de l'association Docomomo, vouée à la défense des bâtiments du mouvement moderne. En mai 2006, alors que le projet est ficelé, il demande au ministère de la culture de classer le bâtiment. La Rue de Valois et le ministère du logement décident alors de tout geler et diligentent une mission d'enquête.
Dans leur rapport du 23 avril, les enquêteurs notent le caractère absurdement tardif de leur mission et rejettent la demande de classement tant les opérations sont avancées. Mais leur jugement est sévère : "On a bien affaire à une oeuvre majeure, comme modèle architectural et urbain ayant marqué l'histoire de l'architecture française. Le projet apporte des changements irréversiblement dénaturants." Les inspecteurs contestent largement les choix retenus : les brèches, excessives ; les façades, "en complète contradiction avec l'esprit" du bâtiment ; le parc, "transformation d'un espace public réussi des années 1960 en pastiche de parc parisien du XIXe siècle"... Et préconisent de forts amendements.
"Je ne ferai rien au détriment des gens qui vivent là, prévient le maire. Je suis prêt à démolir moins de longueur du Serpentin, si cela permet quand même de s'ouvrir sur le centre-ville et si l'ANRU finance les surcoûts. Mais pas question de revenir à de l'enduit en façade."
M. Vignaud, architecte habitué des opérations de rénovation urbaine, se dit a priori plutôt hostile aux démolitions, souvent traumatisantes pour les habitants. Mais selon lui, "c'est une aberration de vouloir patrimonialiser le logement social, la priorité c'est de répondre aux besoins de la population, à une logique urbaine, et de s'adapter à des budgets d'entretien très faibles. Notre intervention améliore le quartier de manière durable sans dénaturer l'architecture d'Aillaud, dont il est légitime de vouloir garder un témoignage".
En attendant un épilogue, les acteurs de cette ubuesque histoire sont au moins unanimes pour souhaiter que l'intérêt patrimonial des bâtiments soit désormais étudié en amont dans les opérations de renouvellement urbain.
Grégoire Allix
Article paru dans l'édition du 16.09.07